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CinéCritique: «Bridget Jones’s Baby»

Peut-on ne pas aimer cette célibataire éternelle qui n’en finit pas de mettre les pieds dans le plat? Non! Même si la nouvelle suite «Bridget Jones’s Baby» n’arrive pas à éclipser les premières mésaventures de l’héroïne si attachante d’Helen Fielding.

Disons-le franchement: Bridget Jones a des couilles. Elle bisoute avec le premier venu. Elle sautille au rythme du gangnam style avec des ailes de papillon collés au dos. Elle dit ses quatre vérités à la nouvelle cheffe d’équipe voulant révolutionner l’émission de télé dont elle est productrice. Bref, l’héroïne des trentenaires du tournant du siècle est enfin adulte. Elle ne fume plus. Elle est plutôt belle. Elle a fait la paix avec son corps jadis nettement plus dodu. Elle s’habille mieux, plus sophistiqué. Il y a juste un hic, un seul: Mademoiselle Jones est toujours sans chéri et sans famille. Elle dit qu’elle assume, mais comment la croire?

Et puis, quel miracle: Bridget Jones fait la connaissance intime d’un mec qui n’est pas seulement très beau et bien gentil, mais aussi milliardaire et amusant et sexy et élégant et désirable et engageant et galant et… un vrai prince charmant. Mais que fait notre bien-aimée? Elle retombe amoureuse de Mark Darcy dont elle s’est séparée il y a trois ans. Ils couchent ensemble, c’est inévitable, et voilà qu’à 43 ans, la plus célèbre célibataire du septième art des dernières années tombe enceinte.

Par la suite, tout tourne autour de la question: Qui est le papa? L’amant de passage qui ne demande qu’à s’incruster (Patrick Dempsey, divin) ou l’ex toujours si barbant et je-sais-tout (Colin Firth)? Mais en fait, on s’en fout royalement. Bridget Jones pourrait épouser un chimpanzé, partir pour la Nouvelle-Calédonie et y devenir missionnaire ou se régaler de chocolat à longueur de journée, c’est son personnage dont on raffole, et rien d’autre. Tant pis donc pour l’histoire qui, contrairement aux deux premiers volets, n’est pas inspirée d’un roman d’Helen Fielding qui a pourtant publié, en 2013 déjà, le troisième tome «Mad about the boy». Avec une Bridget Jones devenue veuve… Le lancement en Angleterre faisait un brouhaha. «Je regardais le journal télévisé en pyjama. Il y avait la crise en Syrie… et la mort de Mark Darcy. Les gens me criaient dans la rue: Vous avez tué Colin Firth!», raconte l’auteure. Fin de la parenthèse.

Dans «Bridget Jones’s Baby» réalisé par Sharon Maguire, c’est Hugh Grant alias Daniel Cleaver, disparu depuis le crash d’un avion, qu’on pleure. Et on se souvient tout de suite de cette scène légendaire dans laquelle le tombeur de filles se moque de la gaine amincissante portée par Renée Zellweger. Signé par lui, le «sex killer» a été vendu aux enchères pour 2.000 livres sterling, tandis que les ventes pour ce type de culottes couvrantes augmentaient de 17 pourcent et que celles des string baissaient de sept pourcent, et voilà que je dérive de nouveau. C’est que juger un film sur Bridget Jones, c’est impossible sans parler des «petites histoires» croustillantes qui l’accompagnent.

Enfin, nouvel essai: bien que les nouvelles péripéties de la vieille fille extraordinairement maladroite n’arrivent point à éclipser celles de «Bridget Jones’s Diary», on s’amuse. Le dosage entre comédie romantique, conte moraliste et gags plus ou moins hilarants est plutôt bon. Les personnages secondaires sont parfaits. Surtout Emma Thompson (d’ailleurs coscénariste) dans le rôle d’une
gynéco pince-sans-rire. Quant à Bridget Jones qui sera toujours Bridget Jones, inutile de préciser qu’on se sent très proche d’elle. Elle vieillit comme nous. Elle fait encore pas mal de sottises, mais on l’a sent quand même mûrie par ce qui s’est passé depuis 1986. Elle a perdu de sa naïveté. Elle se sent bien dans sa peau. Et prête pour une nouvelle étape de vie. Elle ne se laisse plus marcher sur les pieds… En un mot: on est tous Bridget Jones. Soit un peu, soit beaucoup, soit totalement.

Horaires

Bridget Jones’s Baby ★★★★★
Réalisation: Sharon Maguire / avec Renée Zellweger, Colin Firth, Patrick Dempsey, Emma Thompson, GB 2016, Utopolis.

Gabrielle Seil

Journalistin

Ressort: Kultur

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Author: Philippe Reuter

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