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CinéCritique: Fantastic Beasts and where to find them

Les mordus de l’univers féérique de J.K. Rowling seront comblés. Le coeur de tous les autres restera pourtant à cueillir, car «The Fantastic Beasts and where to find them» n’est pas vraiment magique.

D’abord, c’est long comme un jour sans pain. Et cela malgré les effets spéciaux à gogo qui rappellent les productions Marvel sans pourtant les exceller. Puis, aussi mignons que soient les créatures magiques du titre, leur présentation bien alignée, comme dans une suite de sketches, manque plutôt d’originalité. Et finalement, le scénario écrit par J.K. Rowling en personne, ce n’est pas d’enfer. Certes, les personnages autour de Newt Scamander (Eddie Redmayne qui adore l’univers «potterien» dont le nouveau film de David Yates est dérivé) sont attachants, mais leurs aventures dans le Big Apple de l’année 1926 sont plutôt du genre stéréotype.

D’un côté, il y a les bons: le jeune sorcier britannique un peu gauche et timide qui trimballe dans sa valise tout un zoo, Tina qui travaille pour le Magical Congress of the United States of America (MACUSA), sa jolie sœur douée de télépathie et l’honorable Jacob Kowalski. Un ouvrier ordinaire sans pouvoir magique qui rêve d’ouvrir une boulangerie. De l’autre côté, il y a les méchants: Mister Graves (Colin Farrell), un enquêteur du MACUSA à la recherche d’une fille ayant je ne sais plus quoi, une mère bigote qui maltraite ses enfants adoptés dont un – Credence – s’avère avoir des dons surnaturels et maléfiques. Entre les deux, il y a un magnat des médias sans âme, son fils-sénateur qui meurt, un autre fils plus humaniste … Bref, vu cette profusion de caractères et d’intrigues parallèles plus ou moins superflues, on risque de perdre le nord.

Heureusement que David Yates, le réalisateur des quatre derniers volets de Harry Potter, fait preuve de main de maître et qu’il réussit à donner de l’élégance à «Fantastic Beasts and where to find them». La reconstitution d’un New York avant la crise de 1929, les costumes fatigués du protagoniste, les robes majestueuses de la présidente du MACUSA – c’est réussi. Quant aux animaux fantastiques qui ne cessent de créer des dégâts dans le monde des «No-Maj», la taupe addicte à tout ce qui brille est la plus amusante et la bestiole verte qui se faufile partout la plus sympathique. Mais attention à cette mystérieuse masse noire qui détruit tout sur son passage, les plus petits en auront une peur bleue.

«Quand j’écrivais ‘Harry Potter’, je pensais déjà à Newt Scamander. J’ai toujours eu en tête d’aller plus loin avec lui…», disait J. K. Rowling lors d’une conférence de presse aux Etats-Unis. Les héros de la nouvelle saga sont donc adultes. Ce qui élargit le public. Il y a aussi une autre époque, beaucoup de thèmes différents, une noirceur considérable. N’empêche que l’auteure porte-drapeau de la littérature-jeunesse gorge de confiance. Et la Warner pareillement. «Fantastic Beasts and where to find them» n’est que le premier de cinq épisodes annoncés, et le merchandising est bel et bien lancé. Il y a des t-shirts, des miniatures, des bagues magiques… vu que les fêtes de fin d’années s’approchent à grands pas. Peut-être aussi qu’un pâtissier differdangeois reprenne l’idée de Monsieur Kowalski dans le film et crée des gâteaux aux allures des bêtes fantastiques. Alors, bon appétit!

Reste, en fin de compte, le message politique qu’on peut lire entre les lignes. Si J.K. Rowling a choisi de situer son histoire dans les années 1920, une période marquée par la xénophobie et une inégalité économique particulièrement forte, c’est pour mieux dénoncer la montée actuelle du populisme aux Etats-Unis et en Europe. S’y ajoute l’appel à la protection des animaux, à la tolérance vis-à-vis d’autrui, à plus de compréhension et d’amour en général… Face à un tel engagement, comment oser critiquer l’opus? Eh bien, je m’en fous. Je n’irai pas voir le deuxième volet, c’est sûr. Tant pis pour Kowalski.

Horaires 2D

Horaires 3D

Fantastic Beasts and where to find them ★★★★★
Réalisation: David Yates / avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Colin Farrell, USA/GB 2016 / 140 minutes / Utopolis

Gabrielle Seil

Journalistin

Ressort: Kultur

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Author: Philippe Reuter

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