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Legend – CinéCritique

Deux frères – Après l’excellent «Suburra» italien sur les liens entre pègre et politique, voici son pendant britannique un peu plus olé-olé, où Tom Hardy se frotte à Tom Hardy. Hallucinant!

Durant les années 1960, la ville de Londres est marquée du règne violent des frères Kray. Ronnie est le psychopathe de la famille, alors que son jumeau Reggie s’avère plus équilibré. Ensemble, ils ont fait régner la loi du talion, développant des liens avec des gangsters locaux et la pègre américaine de Meyer Lansky qui règne sur Las Vegas, élargissant ainsi leur influence aux boîtes de nuit et aux casinos de la capitale anglaise. Pendant que Reggie file le bonheur avec la séduisante Frances, Ronnie se livre à des actions des plus en plus barbares et irréfléchies. De quoi semer la bisbille entre les frangins qui en viennent même aux coups…

En 1990, Peter Medak avait déjà signé, avec «The Krays», un film sur les légendaires pontes de la pègre anglaise qui avaient régné sur le «swinging London» des années 1960. À l’époque, les frères criminels avaient été interprétés par deux acteurs qui étaient aussi frères à la ville, Gary et Martin Kemp. 25 ans plus tard, grâce notamment à la technologie numérique (mais pas uniquement), Reggie et Ronnie Kray sont désormais joués par un seul acteur, Tom Hardy, qui livre un véritable tour de force comme on n’en a jamais vu sur un cinéma. Les frères Kray étant de caractère et de tempérament diamétralement opposés, la prestation de l’acteur n’en est que plus hallucinante. Après avoir révolutionné le film d’action plus tôt dans l’année avec un «Mad Max – Fury Road» totalement fou, Hardy s’impose définitivement comme un des acteurs britanniques les plus importants de sa génération.

La prestation de Tom Hardy est d’ailleurs la moelle épinière d’un film parfois inégal et certainement trop long qui s’évertue à raconter la saga des frères Kray d’une façon succincte, mais qui se heurte au caractère épisodique d’un scénario qui n’arrive pas à convaincre entièrement étant tricoté avec de trop larges mailles, un reproche que l’on peut souvent faire à des films dits «biographiques» qui s’inspirent plus ou moins ouvertement de personnages ayant réellement existé. Mais cela ne veut pas dire que le film est raté, loin de là. Avec un œil pour les détails historiques et une reconstruction habile du Londres des années 1960, le film se savoure davantage comme une promenade historique à travers l’East End ou le West End londonien que comme un grand film de gangsters dans la tradition du «Parrain» ou de «Il était une fois en Amérique». Les voitures, les costumes, les boîtes de nuit, tout a l’air d’avoir été superbement recherché par les décorateurs du film qui en sont les héros, presqu’au même titre que Tom Hardy, dont le jeu inspiré casse la baraque.

Reggie Kray est un homme d’affaires réfléchi doublé d’un gangster sans scrupules mais qui est capable de sentiments presque humains, alors que son frère jumeau, Ronnie, est un psychopathe invétéré qu’on a fait libérer d’un asile psychiatrique par chantage interposé. Aucun des deux n’est attachant, ils sont tous deux dangereux comme des fauves en liberté et mieux vaut ne pas se mettre à travers leur chemin, l’un et l’autre étant capable des pires excès dans l’espace d’une seconde. C’est cette explosivité, ces deux vies vécues constamment sur le fil du rasoir, ces actes de violences parfois inouïs qui donnent leur substance au jeu de Tom Hardy, que nous aurions bien aimé voir au travail lors du tournage. Difficile de savoir à quel point le numérique a été utilisé pour rendre crédible cette double prestation, mais rien que la séquence où Tom Hardy (Reggie) en vient aux poings avec Tom Hardy (Ronnie) est un morceau d’anthologie à ne pas rater.

Horaires

LEGEND ★★★★★
Réalisé par Brian Helgeland / avec Tom Hardy, Tom Hardy, Emily Browning, Christopher Eggleton, David Thewlis, Chazz Palminteri / GB 2015, Utopolis.

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Author: Philippe Reuter

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