Après 42 années passées devant les caméras, Marylène Bergmann, figure emblématique d’RTL, a décidé de tourner la page et de profiter d’une retraite bien méritée. Au grand regret de nombreux téléspectateurs.
«On est tous citron, tous citron grenadine. Les filles, les garçons, les voisins, les voisines. Lâchez nous donc les baskets, on est à la fête.» Si vous êtes quarantenaire, il y a de fortes chances que les paroles du générique de cette émission jeunesse, devenue culte, raisonnent encore au fin fond de vos souvenirs d’enfance. Sans oublier l’inséparable duo que formaient à l’époque Marylène Bergmann et Jean-Luc Bertrand. D’autres se souviendront du fameux «Jeu du coffre-fort» que la pétillante animatrice présentait en alternance avec Michèle Etzel et Anouchka Sikorsky, deux autres figures emblématiques de la télévision des années 80. Un jeu interactif, qui tiendra les téléspectateurs en haleine pendant treize ans. Nombreux étaient ceux qui espéraient que l’animatrice les appelle, pour pouvoir lui répéter le code à trois chiffres afin d’ouvrir le coffre et remporter les gains qui se trouvaient à l’intérieur. Suivront bon nombre d’autres programmes en direct de la «Villa Louvigny», qui raviront à chaque fois les téléspectateurs luxembourgeois, mais aussi français et belges. Une incroyable carrière télévisuelle, inimaginable, quelques années plus tôt, pour la timide jeune fille qui a grandi à Verdun.
«On m’a simplement dit: Quand la petite lumière rouge au-dessus de la caméra s’allume, c’est à toi!» Marylène Bergmann
«J’étais ultra timide», se souvient Marylène Bergmann. «Et c’est vraiment le hasard qui a fait que je me suis retrouvée speakerine.» C’est en se rendant à une séance de dédicace du livre de Jacques Navadic, qui à l’époque dirigeait les programmes d’RTL Télévision, qu’elle se fait remarquer malgré elle. «Il a dû trouver quelque chose en moi qui lui plaisait. Il m’a demandé, si ça m’intéressait de faire de la télévision. Et malgré ma grande timidité, je lui ai répondu oui.»
Il mettra deux ans à la rappeler et le 24 septembre 1977, la jeune femme fait sa première annonce speakerine en direct à la télévision. «C’est une date mémorable», se souvient-elle. «Jacques Navadic m’avait fait répéter mon annonce, que j’avais préparée à la maison, toute seule. Puis, on m’a envoyée au maquillage et on m’a mise en place sur le plateau. J’étais tétanisée et j’avais les mains glacées. On m’a simplement dit: Quand la petite lumière rouge au-dessus de la caméra s’allume, c’est à toi! Et sans plus de préparation, j’ai fait ma première annonce.»
Mais ses premières apparitions ne font pas l’unanimité au sein même de la chaîne. «Certains me trouvaient trop ronde, d’autres trop provinciale. Alors pour décrocher un vrai contrat, j’ai dû passer un concours télévisé. Et ce sont les téléspectateurs qui m’ont élue. Du coup, ils ont bien été contraints de m’embaucher», raconte-elle amusée.




Sur la terrasse du «Grand Café», situé sur la «Place d’armes», où nous nous sommes donné rendez-vous, pour évoquer une carrière aussi surprenante, qu’étonnante, la serveuse s’approche. «Vous avez marqué toute mon enfance. On vous regardait tous les jours à la télévision avec mes frères.» Elle a dans les yeux, ce quelque chose d’indescriptible qu’ont les adultes, quand l’espace de quelques secondes, ils retombent en enfance. La jeune femme n’en revient pas. Il y a de l’émotion dans l’air. Les mots chaleureux et cette attention bienveillante touchent tout particulièrement Marylène, jusqu’à lui faire monter les larmes aux yeux. Et pourtant, elle l’assure: «Je n’ai aucun regret. Je me dis que ce qui est fait, est fait. J’aime beaucoup mon métier, mais ce trac et la pression m’usaient. J’avais besoin de lâcher prise et d’avoir du temps pour moi.»






