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Rendons à César…

Astérix – Le Domaine des Dieux: En voilà une excellente surprise… les créateurs du «Domaine des Dieux» ont sans doute réussi le meilleur Astérix au cinéma.

Après pas moins de huit films d’animation traditionnels, dont «Les 12 Travaux d’Astérix» réalisé par René Goscinny et Albert Uderzo eux-mêmes, et quatre films avec des acteur en chair et en os, dont le hilarant «Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre» d’Alain Chabat était le seul valable, il est évident que l’on pouvait être un tantinet sceptique face à ce nouvel essai (cette fois en animation numérique), surtout après le désastre artistique et financier (budget 61 millions d’euros) de «Astérix et Obélix: Au service de sa majesté en 2012. Mais disons le tout de suite, du moins à nos yeux, «Le Domaine des Dieux», grâce surtout aux possibilités de l’animation numérique, est le film le plus réussi de toute la série, toutes techniques confondues, surtout parce que c’est la première fois qu’on a vraiment l’impression que la dynamique des images et des bulles d’Uderzo et Goscinny a été transposée à l’écran pour la première fois. Les puristes vont sans doute dire que la technologie numérique donne un «air de caoutchouc» aux héros gaulois et leurs adversaires romains, mais comme le digital permet de visualiser toutes les folies d’un scénario inventif et assez proche de l’album original, nous pouvons vous garantir une bonne rasade de gags visuels qui fonctionnent à merveille en 3D!

La dynamique de la bédé a été préservée et même amplifiée

Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute? Non! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique: puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains: «Le Domaine des Dieux». Nos amis gaulois résisteront-ils à l’appât du gain et au confort romain? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César…

Pour commencer, l’idée diabolique de Jules et de son architecte Anglaigus frise le génie – donner envie aux irréductibles Gaulois de passer leurs vacances dans un «Cesar’s Palace» démesuré érigé juste en face de leur village, il fallait y penser. Evidemment, au début, avec l’aide de leur druide Panoramix, Astérix, Obélix et Idéfix arrivent à enrayer le déracinement des arbres de leur forêt chérie, mais à la longue, les tactiques de guérilla imaginées par César, qui a même réussi à enrôler les esclaves dans son plan, semblent porter leurs fruits, puisque Abraracourcix, le chef, décide d’emmener sa chère Bonemine et le reste du village en villégiature chez les Romains. On ne sait pas à quelle heure du matin les Gaulois se lèvent pour mettre leurs serviettes sur les transats autour de la «piscina», mais les Teutons n’auront qu’à bien se tenir.

Avec un humour dévastateur qui frôle le surréalisme (et le syndicalisme chez les esclaves et les légionnaires) et une mise en scène inspirée sans jamais faire dans la frénésie, les auteurs de cette magnifique sauterie ont ouvert la porte toute grande pour une nouvelle série d’aventures cinématographiques de super-héros gaulois. Et compte tenu du résultat, nous ne nous en plaindrons pas trop. Pourvu que le public suive!

ASTERIX – LE DOMAINE DES DIEUX ★★★★★
Réalisé par Louis Clichy, Alexandre Astier; avec les voix de Roger Carel, Guillaume Briat, Lorant Deutsch, etc / F/B 2014, 85 minutes / Utopolis, e.a.

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Author: Philippe Reuter

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