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Scénaristes à l’honneur…

Tel est le thème de la 39e édition du Festival du Film italien de Villerupt. Un festival plein d’émotions, de bonnes surprises et de découvertes insolites.

«L’auteur du film, quand il s’agit d’un grand metteur en scène, c’est toujours le metteur en scène. Mais pour le moins je voudrais que l’on reconnaisse que certaines inventions, grâce auxquelles les gens rentrent chez eux en disant que le film leur a plu, appartiennent au scénariste. Que l’on ignore tout du rôle du scénariste est une pure honte», disait Tonino Guerra. Et il avait raison à cent pourcent. Quel bonheur donc que les responsables du Festival du Film italien de Villerupt ont choisi de (re)mettre en évidence le travail de six scénaristes dont les histoires ont marqué le cinéma italien de la dernière décennie.

Ce sont donc des films assez récents qui fournissent l’essentiel de cette rétrospective, mais comment ne pas se réjouir de revoir «Habemus Papam» de Nanni Moretti qui parle de la peur d’un très vieux cardinal français (Michel Piccoli) de ne pas être à la hauteur d’être le nouveau souverain pontife et qui prend la fuite tandis qu’au Vatican, on cherche désespéramment des solutions pour surmonter la crise…

Ecrit par Francesco Piccolo, cette histoire séduit surtout par son impertinence. Une hardiesse que l’auteur remet au premier plan dans «Il nome del figlio» de Francesca Archibugi. Bien qu’il s’agisse d’un remake, ce film est plus proche de la pièce de théâtre que de la réalisation «Le prénom». Chaque personnage est pour ainsi dire transformé en un Italien. Quelqu’un qu’on connait, qui nous ressemble, à qui nous voulons ou pas nous identifier. «C’était une bonne occasion pour parler de notre pays et de cette fracture qui se trouve à l’intérieur des familles et de personnes qui ont été ensemble sur les bancs de l’école et qui ont aimé les mêmes chansons. Une fracture qui entre violemment et tendrement à la fois dans la vie privée des cinq protagonistes qui tout compte fait s’aiment beaucoup», explique le scénariste. Quant au prénom pour le moins controversé du fils à naître, je me tais.

Autre film à revoir: «Scialla!» de Francesco Bruni qui raconte l’histoire (écrite par lui-même) d’un écrivain qui a mis au placard toutes ses ambitions et qui fait le «nègre» pour des footballeurs, des acteurs ou des stars du porno. Un jour, il apprend qu’il n’a pas seulement un fils de 15 ans, mais qu’il doit s’en occuper pour six mois – sans lui dire la vérité. «J’ai fait ce film pour la simple raison que cette histoire était très personnelle et que j’avais la sensation que j’étais peut-être le plus indiqué pour la raconter en images», précise Francesco Bruni, également scénariste de «Il capitale umano» mis en scène par Paolo Virzi.

Le projet de «Miele» (photo) était beaucoup plus risqué. Quand la réalisatrice Valeria Golino proposait à Francesca Marciano d’écrire le scénario de ce drame qui parle d’un malade en phase terminale et de suicide assisté, celle-ci pensait d’abord à dire non et de passer à quelque chose de plus simple. Mais heureusement, elle se ravise. «Miele» est un très beau film sur un sujet profond et grave. Et c’est surtout l’interprétation de Jasmine Trinca dans le rôle d’une jeune femme faisant partie d’un réseau clandestin qui vient en aide à des maladies incurables qui veulent en finir dignement avec la vie qu’il faut mentionner.

Tout comme «Gomorra», fresque brutale et violente qui décrit les cercles infernaux de la Camorra napolitaine. En fait, parler de tous les films de cette rétrospective n’est pas possible. Et puis, il y a aussi le «Panorama», la compétition, la carte blanche Michel Ciment, les films scolaires, les rencontres, Julie Gayet comme présidente du jury … Depuis 1976, le festival qui est né un peu par hasard s’est constamment développé. D’édition en édition, le succès grandit. L’année dernière, on comptait plus de 40.000 spectateurs. Alors, dire que le cinéma italien est mort, quelle idiotie! Il est vivant, vibrant et bien dans sa peau.

Jusqu’au 13 novembre, www.festival-villerupt.com

Gabrielle Seil

Journalistin

Ressort: Kultur

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Author: Philippe Reuter

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