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Schtroumpf alors!

Depuis 21 ans, Georges Haas voit la vie en bleu. Plus de 8.000 petits lutins à la peau bleue et vêtus d’un bonnet et d’une culotte blanche, peuplent le sous-sol de sa maison, mais laissent ce collectionneur de Schtroumpfs insatiable. Rencontre avec un passionné.

«Il y a longtemps, loin d’ici, vivaient dans un pays étrange et merveilleux, des petits lutins joyeux», chantait Dorothée au début des années 80. Ces petits hommes bleus, ce sont les Schtroumpfs. Stars mondiales depuis des décennies, ils ont certes réussi à enchanter toutes les générations, mais très peu d’admirateurs ont réellement réussi à les approcher car, comme le dit si bien la chanson, leur village «est si bien caché, que personne ne peut le trouver». Et pourtant, en poussant la porte d’une pièce du sous-sol de Georges Haas, jaillit comme par magie, un univers sorti tout droit d’une bande dessinée. C’est bien le village des Schtroumpfs qu’on aperçoit, avec ses drôles de maisons en forme de champignon et ses habitants devenus cultes. Le Grand Schtroumpf avec sa barbe blanche et tout vêtu de rouge, la coquine Schtroumpfette, le barbant Schtroumpf à lunettes et le Schtroumpf grognon. Même l’infâme Gargamel a trouvé refuge dans cet espace schtroumpfement surprenant.

«Je dois cette ravissante décoration à ma femme Romy», révèle fièrement Georges Haas. «Je lui laisse carte blanche et je dois avouer qu’elle est très douée pour mettre en scène ces petits lutins bleus. Elle est pleine d’imagination.»

«Les figurines sont rangées dans l’ordre chronologique à partir de leur date de sortie sur le marché. Les premières datent de 1965.» Georges Haas, Collectionneur de Schtroumpfs

Pour ce collectionneur invétéré de 68 ans, dont beaucoup de luxembourgeois se souviennent de la carrière de champion national d’échecs, la passion sans bornes qu’il voue aux petits bonhommes bleus fut, ce que l’on pourrait appeler, un coup de foudre au premier regard. C’est en 1998, alors qu’il vient d’acquérir un jeu d’échecs dans un marché aux puces, qu’il découvre un clandestin dans la boîte de l’échiquier. «C’était un Schtroumpf tout crasseux. Nous l’avons nettoyé et nous avons découvert qu’il s’agissait du Schtroumpf Lanterne. Il m’a plu dès la première seconde et le lendemain je suis parti lui acheter ses premiers compagnons. Tout a commencé comme ça.»

Depuis, plus rien ne l’arrête. C’est une véritable armée de Schtroumpfs qu’on retrouve alignée sur une immense étagère, qui recouvre toute la surface du mur. «Les figurines sont rangées dans l’ordre chronologique à partir de leur date de sortie sur le marché. Les premières datent de 1965.»

C’est le dessinateur belge Pierre Culliford, plus connu sous le pseudonyme de Peyo, qui donne vie aux petits lutins bleus en 1958. A l’époque ils ne sont que des personnages secondaires dans une des aventures de Johan et Pirlouit «La flûte à six Schtroumpfs». La première bande dessinée qui leur sera entièrement consacrée, sortira un an plus tard. Le succès est immédiatement au rendez-vous. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, Georges Haas, le collectionneur, n’est pas un adepte des aventures des Schtroumpfs.

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«Je possède quelques bandes dessinées, que j’ai survolées rapidement, mais sans plus», avoue-t-il. «On sent que les dessins sont faits avec beaucoup de passion et de précision, mais je trouve que ces histoires ont un côté trop enfantin. Etant auteur de plusieurs ouvrages, je préfère naturellement la littérature. Je suis cependant subjugué par les expressions du visage de chaque figurine et qui reflètent le caractère bien précis de chaque personnage. Ce sont ces détails qui me fascinent.»

Et à chaque fois, qu’un nouvel habitant à la peau bleue, vient compléter sa collection, il en ressent, selon ses propres dires, un véritable moment de joie qui lui met du baume au cœur. Il en est persuadé, être collectionneur, est un réel bienfait pour la santé.

«Je sais pratiquement par cœur, ce que je possède déjà et les quelques figurines qui me manquent encore», précise Georges. «Il y a beaucoup de modèles qui sont sortis dans des variantes différentes. Et puis le merchandising autour des Schtroumpfs est tellement important qu’en principe, je collectionne avant tout les fameuses figurines en caoutchouc, en faisant attention aux nombreuses contrefaçons qu’on trouve en abondance sur le marché. Il existe pourtant des catalogues qui répertorient les différentes figurines, mais ils ne sont généralement pas complets.»

Georges Haas, le collectionneur, n’est pas un adepte des aventures des Schtroumpfs.

6-PR2_0406-KopieEt voilà la difficulté de tous les collectionneurs de Schtroumpfs. Pour tous les schtroumpfer, il faut de l’endurance. A partir des années 60, les premières figurines en latex voient le jour. Elles sont fabriquées par «Dupuis», la maison d’édition des petits hommes bleus. Mais à partir de 1965, une première licence de fabrication est concédée à l’entreprise allemande «Schleich», qui produit jusqu’à aujourd’hui les fameuses figurines. Selon Matt Muray, l’auteur de «L’Encyclopédie des Schtroumpfs», très vite d’autres fabricants voient s’attribuer des licences d’exploitation comme l’américain «Bully». Depuis un peu plus de 30 ans, c’est Véronique Culliford, la fille de Peyo, qui gère l’utilisation commerciale des Schtroumpfs. Un business très lucratif qui se chiffre en millions d’euros. Des déclinaisons de licence sont faites à des dizaines de marques comme «Mc Donald’s», « Sony», «Panini» ou encore «Lidl». Difficile pour les collectionneurs de s’y retrouver. Les Schtroumpfs n’ont pas pris une ride et continuent d’envahir le monde.

Georges Haas continue de temps en temps d’arpenter les marchés aux puces et les rendez-vous de collectionneurs. C’est dans ces endroits qu’il a notamment déniché des figurines sorties dans les «Kinder Surprise» de la marque «Ferrero» et qui, à l’époque, étaient en porcelaine ou encore ces modèles unicolores qui sont des ébauches de Schtroumpfs, assez rares.

«A la Nouvelle-Orléans, ma femme et moi avons mis la main sur tout un ensemble de Schtroumpfs Musiciens rares et même à Porto Rico nous avons découvert un Schtroumpf Pirate», se souvient-il. «Le jour où il n’y aura plus assez de place dans cette pièce, nous n’installerons définitivement pas une deuxième. A notre âge, il faut être raisonnable», rajoute-t-il en riant.

Photos: Philippe Reuter

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Jérôme Beck

Journalist

Ressorts: Wissen, Lifestyle

Author: Martine Decker

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