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St. Vincent – Grumpy Old Man

ST. VINCENT – Bill Murray, un des acteurs les plus «rares» du cinéma américain, trouve ici un rôle à la (dé-)mesure de son immense talent.

Quand Maggie et son fils Oliver déménagent dans une nouvelle ville, ils doivent s’adapter à plusieurs variables, dont leur voisin grognon, Vincent. Comme Maggie doit travailler très tard le soir, elle confie son fils à Vincent jusqu’à ce qu’elle revienne du boulot. Mais Vincent est un très mauvais baby-sitter. Il amène le garçon aux courses de chevaux, au bar et lui apprend même à se battre. Malgré tout, Oliver s’attache à cet être antipathique. Quand son professeur demande à ses élèves de trouver une personne qui pourrait obtenir le titre de saint dans leur vie quotidienne, Oliver décide de vanter les qualités de Vincent, malgré sa terrible méchanceté…

Chers lecteurs, vous avez quand même de la chance de vivre au Luxembourg, car chez nos voisins français, «St.Vincent», le premier film de Theodore Melfi, n’est même pas sorti en salles – il a directement été programmé sur Netflix, un sort qui risque d’arriver de plus en plus souvent à des films produits par la «Weinstein Company», qui ont également fourgué les trois volets (Him, Her, Them) de «The Disappearance of Eleanor Rigby» à la plateforme VOD.

Un feu d’artifice de mauvaises humeurs

Theodore Melfi a lui aussi eu beaucoup de chance. Bill Murray, qui est connu pour n’accepter que très peu de rôles, a lui-même contacté le réalisateur/scénariste pour lui dire qu’il aimerait bien interpréter le rôle du baby-sitter de l’enfer qui est, en fait, un véritable saint. Melfi a également eu la chance de pouvoir compter sur le talent inattendu de Melissa McCarthy, que l’on cantonne régulièrement dans des rôles très vulgaires, tout comme il a eu la chance que la très réservée Naomi Watts accepte de jouer une prostituée russe enceinte jusqu’aux yeux. Honnêtement, si vous aimez le cinéma et si vous vous permettez de louper ce film chaleureux et drôle, vous aurez commis votre premier péché capital pour 2015. Mais il faudra faire vite, car compte tenu du peu de succès que le film a rencontré à l’étranger, il se pourrait qu’il ne reste pas très longtemps à l’affiche. Vous êtes prévenus!

Tout comme «La Famille Bélier» (dont nous vous avons dit du bien la semaine passée), «St. Vincent» est ce qu’il est permis d’appeler un «feel-good movie», qui – grâce au talent des acteurs et grâce aux qualités du scénario – joue néanmoins dans une catégorie supérieure. Non seulement que l’histoire de ce vieux grincheux pris à contrepied est très originale, mais Theodore Melfi apporte également la preuve du don désormais si rare du gag visuel si cher à Jacques Tati, à Pierre Etaix, à Charles Chaplin, à Buster Keaton ou à Harold Lloyd. Il y en a même un caché dans le générique final qui est tellement fin (observez de près la plante que Vincent est en train d’arroser) qu’il en devient presque imperceptible. Quel plaisir et quel privilège de pouvoir observer une bande d’acteurs aux limites du génie en train d’interpréter une véritable symphonie d’humour et d’émotion, où le rire et les larmes sont très proches les uns des autres. C’est, hélas, un cinéma à fleur de peau devenu de plus en plus rare, à un moment où la démesure dépensière de producteurs mégalomanes est en train de tuer toutes les nuances, toute la finesse, toute la beauté dont le cinéma américain était jadis capable.

ST. VINCENT ★★★★
Réalisé par Theodore Melfi / avec Bill Murray, Melissa McCarthy, Jaeden Lieberher, Naomi Watts, Chris O’Dowd / USA 2014, 102 minutes / Utopolis.

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Author: Philippe Reuter

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