Home » Télérevue » CinéCritique » Terminator (very) light

Terminator (very) light

TILT! – Pourquoi produit-on, en 2015, un remake d’une daube française de 2007, en dépensant le double pour arriver à une daube qui n’est guère plus appétissante.

La série ne pouvait pas durer! Après les réussites des reboots «Mission Impossible: Rogue Nation» et «The Man from U.N.C.L.E.» qui ont prouvé qu’il était possible d’améliorer certaines «franchises» cinématographiques, il fallait bien que le vent tourne. C’est chose faite avec cette resucée américano-teutonne d’un film français – «Tueur à gages» de Xavier Gens de 2007 – un film qui s’était copieusement cassé la figure lors de sa sortie. Déjà que les adaptations au cinéma de jeux vidéo ont rarement réussi à leurs producteurs – alors pourquoi enfoncer le clou en essayant de réinventer la quadrature du cercle deux fois de suite? L’original avait un budget de 26 millions de dollars, le remake a coûté un minimum de 60 millions de dollars. C’est à se demander si les producteurs de ce genre de films savent ce qu’ils font, car même (ou surtout) les «gamers» fervents du jeu vidéo disent que le film n’a strictement rien à voir avec le jeu, à part le physique du personnage principal. C’est un peu peu, comment on dit!

«Hitman: Agent 47» raconte donc l’histoire d’un assassin (Rupert Friend) génétiquement modifié pour être la parfaite machine à tuer. Sa dernière cible est une multinationale dont l’objectif est d’obtenir le secret du passé d’Agent 47 pour créer une armée de tueurs dont les pouvoirs surpasseront même les siens. Faisant équipe avec une jeune femme (Hannah Ware) qui détient peut-être un secret permettant d’affronter leurs puissants ennemis clandestins, 47 fait face à des révélations étonnantes concernant ses origines et se prépare à se battre avec son adversaire le plus redoutable…

Un montage à déconseiller aux épileptiques

Bon, la bonne nouvelle, c’est qu’on ne s’ennuie pas trop parce que le film est bourré de bagarres assemblées par un monteur stakhanoviste qui coupe plus vite que son ombre, à un rythme tellement rapide qu’il risque de déclencher des crises chez les gens souffrant d’épilepsie. Les poursuites en bagnole hyper-speedées sont également omniprésentes, dès la première séquence on assiste à la destruction totale de trois Audi…et plein d’autres Audi connaitront le même destin. C’est d’ailleurs très drôle que dans de plus en plus de films récents, tout le monde se déplace dans les mêmes bagnoles – sponsoring oblige! Si ce ne sont pas des Audi, ce sont des BMW…alors que les Mercedes sont réservées aux parrains de la mafia ou gros proxénètes qui tapent sur leurs putes.

Pour ce critique, la bonne nouvelle était que «Hitman: Agent 47» démarre à Salzbourg, continue dans les rues de Berlin et se termine à Singapour, trois villes visitées au cours des dernières années par votre serviteur qui adore reconnaître les endroits qu’il a lui-même foulé de ses pieds. L’intrigue en tant que telle est pratiquement inexistante, puisque dès l’apparition de la jeune femme traquée par à peu près tout le monde, le spectateur réalise rapidement qu’elle est à la recherche de son père – même si elle ne le sait pas encore elle-même. Après ça, les scénaristes essaient de faire les beaux avec des retournements de situations les uns plus téléphonées que les autres pour arriver à une révélation finale concernant Rupert Friend et Hannah Ware tout à fait dans la logique ridicule d’un scénario tricoté avec des mailles aussi grosses qu’un bus londonien passerait à travers. Cela-dit, Aleksander Bach, dont c’est le premier film, a fait ce qu’il a pu avec ce truc difforme que l’on a oublié dès que les lumières s’allument en fin de projection.

Horaires

HITMAN: AGENT 47 ★★★★★
Réalisé par Aleksander Bach / avec Rupert Friend, Zachary Quinto, Hannah Ware, Thomas Kretschmann / USA/Allemagne 2015, 96 minutes / actuellement dans les salles.

Teilen ...Email this to someoneShare on Google+Print this pageTweet about this on TwitterShare on Facebook
Author: Philippe Reuter

Login

Lost your password?