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The Water Diviner

1919 – quatre ans après la bataille des Dardanelles, un paysan australien rejoint la Turquie pour retrouver les corps de ses trois fils et les ramener sur leur terre natale.

Rien dans les 46 ans de vie rurale de Joshua Connor ne l’a préparé au mélange de grandeur, de beauté et de chaos qu’est Constantinople. La ville, sous occupation britannique, reste pour lui un territoire ennemi où ses fils ont disparu. À son arrivée au port, il est accosté par le jeune Orhan qui le conduit jusqu’à l’hôtel Troya et le présente à sa mère, la belle Ayshe. D’abord méfiante face à cet Australien un peu rustre, Ayshe décide à lui venir en aide quand les forces britanniques lui refusent l’accès au champ de bataille de Gallipoli, où une opération de recherche et d’identification des disparus est en cours…

Alors que de nos jours, une grande partie du public ne va au cinéma que pour se faire trucider par des orgies d’effets spéciaux souvent sans queue ni tête, il fut un temps où les gens aimaient se faire raconter de belles histoires au cinoche. Celle que raconte Russell Crowe dans son premier film en tant que réalisateur (il interprète également le rôle principal) est, en plus, inspirée de faits réels. «The Water Diviner» est avant tout un film de guerre après la guerre, puisque le héros retourne clandestinement au pays où ses trois fils (qu’il a encouragés) sont partis en guerre contre les Turcs aux côtés des Britanniques. Tous les droits auraient péri dans la bataille de Gallipoli et Joshua Connor a promis à sa femme (qui s’est suicidée entretemps) de ramener leurs corps en Australie.

Le cinéma épique n’est pas mort

Disons-le de suite, «The Water Diviner» n’est ni «Lawrence d’Arabie» de David Lean, ni «The Man who would be King» de John Huston, deux films épiques qui racontaient des histoires tout aussi épiques et qui furent mis en scène par des réalisateurs qui savaient combiner l’aventure, le pittoresque et l’humanisme. S’il fallait trouver un équivalent au film de Russell Crow, nous opterions plutôt pour «The Wind and the Lion» de John Milius, où l’humanisme était remplacé par un bellicisme qui a toujours été la marque déposée du scénariste de «Apocalypse now».

La première chose qui frappe le spectateur dans «The Water Diviner», c’est la qualité du son! Alors que la plupart des films d’action de nos jours sont mixés en crescendo continu et vous cassent les oreilles, ici chaque balle claque, chaque explosion fait mal, chaque coup de vent vous glace le sang – c’est vraiment superbe. Pour ce qui est de l’histoire et des personnages, sachez que Russel Crowe est excellent dans le rôle du fermier qui se retrouve dans un pays où aussi bien ses ennemis (les Turcs) que ses soi-disant amis et alliés (les Britanniques) n’ont que faire de sa présence et veulent se débarrasser de lui vite fait. Dommage que Olga Kurylenko, qui joue la femme turque qui finit par aider Joshua Connor, ne soit pas à la hauteur de son rôle – elle est certes belle à mourir, mais elle n’arrive pas à faire passer l’émotion. Russell Crowe a commis une erreur de casting, il aurait dû choisir une actrice turque pour interpréter le rôle. Dommage aussi que le film qui – jusque-là – était plutôt sobre, dérape un peu sur la fin en se transformant en une sorte de western gung-ho, où les séquences de bataille entre Trucs et Grecs deviennent un peu trop foutraques pour rester crédibles.

Horaires

THE WATER DIVINER ★★★★★
Réalisateur: Russell Crowe / avec Russell Crowe, Olga Kurylenko, Jai Courtney, Yilmaz Erdogan / Australie/Turquie 2014, 111 minutes / Utopolis Kirchberg; Belval.

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Author: Philippe Reuter

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